Foix : rythmes scolaires, conditions de travail et moyens au menu d’un mouvement de grève du monde enseignant le 5 décembre

édition du 13 décembre 2013
vendredi 13 décembre 2013
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Le SNUipp-FSU (Syndicat National Unitaire des Instituteurs et professeurs des Ecoles), la CGT, FO et Sud appellent à une journée nationale de grève dans les écoles le 5 décembre prochain.

Ce mouvement sera relayé à Foix où il est appelé dès 10h sous la halle de Villote à un vaste rassemblement avant prises de parole et manifestation dans les rues suivis d’une réunion générale au foyer Léo Lagrange. Il devrait concerner les personnels enseignants, mais aussi les Atsem, agents municipaux et animateurs des écoles.

Alors que 98% des écoles ariégeoises ont adopté les nouveaux rythmes scolaires (seules 8 écoles n’auraient pour l’instant pas adhéré à ce nouveau séquençage), Marc Faget, Secrétaire départemental du SNUipp-FSU, se fait le porte-parole d’une exaspération qui s’accroît, aux côtés de Nadine François et Agnès Bronner, toutes deux enseignantes spécialisées et élues du même syndicat.

« Bien avant le passage de la réforme, nous alertions le gouvernement sur ses conséquences. Aujourd’hui devant les difficultés soulevées nous souhaitons être plus visibles et écoutés »

Dénonçant principalement la précipitation dans laquelle cette réforme sur les rythmes scolaires a été mise en place, les représentants syndicaux évoquent les tensions survenues depuis lors.

« Entendons-nous bien, précise derechef Marc Faget, nous sommes pour la réforme des rythmes scolaires mais devant les conditions de réalisation peu satisfaisantes nous demandons au ministre de revoir sa copie. Nous souhaitons, poursuit-il, qu’on suspende l’application du décret actuel et qu’on ouvre de nouvelles négociations »

Décriant une précipitation dans la mise en œuvre de la réforme, finalement préjudiciable à l’intérêt de l’enfant « passé au second plan » et à ce projet éducatif qui doit avant tout guider la démarche, les syndicats estiment en particulier que les activités périscolaires manquent de préparation et de concertation.

« Il y a un problème de calage entre les élus, les enseignants, les parents et les associations, mais également sur les horaires, voire même les transports »

Une situation suffisamment alarmante pour que des tensions apparaissent entre les différents acteurs mais surtout, dénoncent-ils, « des inégalités se font jour entre les communes qui ont des moyens et les autres »

Quel gain réel pour les enfants ?

S’ils reconnaissant qu’il faut du temps pour mesurer avec recul l’impact de cette réforme, pour eux dans l’immédiat restent « des journées longues pour les enfants, un temps important qui reste passé à l’école, des conditions d’apprentissage difficiles avec un programme chargé », les laissant interrogatifs : « quel gain réel y a-t-il pour les enfants ? »

Nadine François du SNUipp-FSU insiste : « ce n’est pas le fait de réformer qui pose problème mais bien les conditions dans lesquelles cela s’est passé. Il faut prendre le temps de l’organiser » avance-t-elle, estimant « qu’on a mis en place rapidement une réforme qui doit s’appuyer sur des projets éducatifs élaborés réunissant enseignants, élus, parents, associations, mais on fait du bricolage.

Maintenant chacun essaie de trouver sa place dans la définition d’un projet éducatif alors que dans le même temps les moyens humains et financiers stagnent voire diminuent »

A travers les inquiétudes sur la réforme des rythmes scolaires c’est bien la question des moyens humains et financiers qui reste posée « Aujourd’hui, annonce Marc Faget, la question du financement n’est pas du tout réglée et se pose la question de la pérennisation de cette réforme alors que par exemple on allège le taux d’encadrement qui conduit à moins d’adultes par enfant. Tout ceci engendre des situations tendues et conforte une certaine inégalité entre les communes. Il faut réinstaurer le dialogue »

Au-delà, les représentants syndicaux l’affirment : « la réforme des rythmes scolaires n’est pas la formule magique pour assurer la réussite de nos enfants à l’école »

Revoir le temps scolaire, « le temps passé en classe, notamment le nombre d’élèves par classe, les programmes chargés » s’imposent à leurs yeux avec acuité. La situation des Rased, les réseaux d’aides aux enfants en difficulté, doit constituer également l’une des priorités.

C’est bien parce qu’ils ont l’impression aujourd’hui malgré leurs propositions de ne pas être entendus, ni écoutés que les représentants syndicaux évoquent une exaspération confinant au mal-être, voire même une colère qui grandit au regard de leurs conditions de travail.

« Nous avons beaucoup d’attentes, il ne faudrait pas qu’elles soient déçues. Cette grève annoncée le 5 décembre prochain est aussi pour nous une occasion de faire valoir nos exigences et d’alerter l’opinion sur l’ensemble des difficultés du monde enseignant »

Appelant à un service public qui doit être à la hauteur des besoins sociaux et sociétaux, Marc Faget l’affirme : « on veut des choses concrètes, pas de demi-mesures ou de coquilles vides, d’autant que l’éducation est l’une des priorités de ce gouvernement. On restera vigilants et attentifs sur ces sujets »

A bon entendeur…

Plus de photos et une vidéo interview de Marc Faget via le lien : http://www.ariegenews.com/news-69837.html



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