A Pamiers, la réforme des retraites cristallise la colère !

Mardi 17 décembre
jeudi 19 décembre 2019
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https://www.ladepeche.fr/2019/12/18/la-reforme-des-retraites-cristallise-la-colere,8611547.php?fbclid=IwAR2Qs6Hk_keZ4kAjLqpFWCo9Q8KsS8xVCmDVjo_wKG3ycge0PQstUz5xmnY

Le troisième rassemblement départemental contre la réforme des régimes de retraite, organisé le mardi 17 décembre à Pamiers, a mobilisé plusieurs milliers de personnes.

Place de la République, un cégétiste qui ne compte plus les manifestations auxquelles il a participé s’enthousiasme. "Ce n’est pas fréquent de voir autant de monde", explique-t-il à qui veut bien l’entendre. Il poursuit : "Mais ce qui change, c’est de voir d’où sont issus tous ces gens". Pour autant, étaient-ils aussi nombreux hier après-midi dans les rues de la sous-préfecture, qu’il y a quinze jours à Foix ? À l’heure de la dispersion, les syndicats ont annoncé la couleur après avoir dénombré 9 000 personnes. Trois fois moins selon les forces de l’ordre. En attendant, les principales centrales syndicales campent sur leurs positions et exigent comme un seul homme le retrait de la réforme. Dans les rangs des manifestants, la détermination demeure palpable. À 74 ans, Alain pourrait apparaître comme indifférent à cette fièvre sociale. "Je n’ai aucune envie que mes enfants prennent leur retraite à 68 ans, lance-t-il pour expliquer sa présence sur les pavés appaméens. Et puis j’ai aussi quelques comptes à régler avec la hausse de la CSG". Alors pour lui pas question de modifier le dispositif actuel des retraites.

Désormais, le débat se cristallise. "Il faut étendre encore et toujours la mobilisation, s’exclame Marc Faget pour la FSU. Si Delevoye a fait ses valises, il faut que son projet suive la même voie". FSU qui avait participé à une action de blocage de l'inspection académique le matin.

Dans les rangs de Sud Education, Ampari Perez ne veut pas croire en une extinction du mouvement à l’occasion de la trêve des confiseurs. "Construisons une grève générale. Ni les vacances scolaires, ni les réformistes ne nous en empêcheront", lance-t-elle aux manifestants avant que ne s’élance le cortège.

Les réformistes justement, ils sont en queue. Loin derrière les bataillons de la CGT, de FO, de Solidaires ou de la FSU. Discrets mais présents, l’UNSA et la CFDT ont déployé leurs bannières et ferment le cortège. "Des traîtres", lâche un brin agacé un pur et dur de FO. Loin de ces susceptibilités syndicales, Cécile, 40 ans, agent d’entretien au lycée de Pamiers détonne. "C’est ma première manifestation, la première fois que je fais grève, avoue-t-elle. Je travaille depuis l’âge de 15 ans et si je suis là aujourd’hui, c’est parce qu’il y a une accumulation de choses que l’on ne supporte plus. Les politiques n’écoutent pas la population".

La tension qui s’est emparée du pays n’a pourtant pas gommé l’humour. Alain arbore sa pancarte maison. "Du fait-maison", assure-t-il et sur laquelle on peut lire : "Il est beau, il est jeune, il parle anglais, il nous entube en français. Macron : saigneur des retraités, seigneur des riches".

Jeudi 19 décembre, un nouveau rassemblement est prévu dès 14 heures, toujours à Pamiers.

DDM


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