La Dépêche du Midi. Ariège / Prochains épisodes au tribunal administratif

mercredi 5 septembre 2007
par SEGURA
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Comme prévu les associations qui luttent contre les expulsions (lire notre édition de samedi) ont été reçues par le préfet hier. La délégation de RESF (Réseau éducation sans frontières) était représentée par les Francas, le Secours catholique, la FSU, Amnesty, le Simad, la Ligue des droits de l’Homme, Emmaüs et l’UNSA. « On ne s’attendait pas àdes miracles, raconte Christian Morisse, mais on reste quand même assez optimistes car on a des dossiers solides.  » En clair sur dix dossiers, six expulsions sont toujours en prévision. Sur les quatre restants, on note le cas d’une jeune Roumaine. Comme la Roumanie est maintenant dans l’Europe, ça compte pour du beurre. Le préfet aurait expliqué àla délégation que les jeunes qui repartiront dans leur pays, étant formés, pourraient s’installer. Le RESF ironise amèrement : « Le Tchétchène pourra même fonder sa propre entreprise de cercueils !  » Donc le RESF sur les bases du mouvement lancé la semaine dernière. Avec trois règles de base énoncées par Christian Morisse : « On ne planquera pas les jeunes concernés. Ils iront àl’école ou au boulot. Le préfet a dit qu’il ne prendrait pas d’acte juridique ; de toute façon, nous serons làpour protéger les jeunes en permanence. Deuxièmement, on continue les démarches officielles, c’est-à-dire les recours gracieux, troisièmement on prévoit des dossiers d’aides juridiques pour tous.  » Car les différents cas seront jugés au tribunal administratif de Toulouse les uns après les autres. Le premier rendez-vous est fixé au 7 novembre et le second au 14 novembre, etc. jusqu’au mois de décembre. RESF envisage une collecte pour financer des frais juridiques et payer les déplacements des jeunes gens. Régulièrement, les gens mobilisés feront le point de la situation àla mairie, tandis que les réseaux téléphoniques et internet seront activés. C’est un véritable bras de fer qui s’est engagé, avec l’appui des parlementaires et du président du conseil général. Augustin Bonrepaux, pour sa part, écrit ceci au préfet : « Il n’est pas dans la vocation des collectivités locales de gérer « des camps de transit  » mais au contraire de mettre en Å“uvre tous les moyens pour assurer, de la meilleure façon possible, non seulement la protection, mais aussi l’insertion de ces jeunes. Pendant plusieurs mois, l’opinion publique s’est laissée bercer par de grandes théories sur « l’immigration choisie  » ou « le co-développement  ». Les décisions d’expulsions lorsqu’elles sont prises dans les conditions que l’on vient de constater, démontrent clairement que l’État esquive ses responsabilités dans ce domaine, lorsqu’il peut reporter la charge financière sur les collectivités locales, puis agit brutalement en expulsant par opportunisme àla fois politique et financier sans se soucier des situations individuelles.  »


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