Lettre ouverte aux autorités préfectorales

mardi 7 août 2007
par SEGURA
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Le Réseau Education Sans Frontière (RESF), le Collectif Fin de Procédure, coordonnés par la LDH.

Lettre ouverte aux autorités préfectorales de l’Ariège

àpropos des expulsions de « jeunes majeurs  » étrangers Nous venons d’apprendre la décision prise par la Préfecture de l’Ariège, d’expulser hors de France, plusieurs jeunes, essentiellement des Africains. Sur dix dossiers examinés, six donneraient lieu àune expulsion… En attendant d’autres dossiers, c’est de mauvaise augure !

Ces « jeunes majeurs  » sont entrés sur le territoire alors qu’ils étaient mineurs (entre 16 et 18 ans), ont été pris en charge par les services de l’Aide Sociale àl’Enfance (A.S.E.), ont été placés sous tutelle, ont été scolarisés, sont en contrat d’apprentissage, donnent satisfaction sur le plan scolaire et professionnel, ont un logement autonome ou un accueil familial, parlent et écrivent correctement la langue, ont passé ou sont inscrits àdes examens professionnels dans le cadre de contrats « jeunes majeurs  »â€¦ Que faut-il de plus ?

Peu importe les efforts qu’ils ont faits, peu importe les efforts des travailleurs sociaux les ayant accompagnés vers cette insertion réussie ou en passe de réussite… Il faut les JETER hors du territoire… Mais pourquoi sont-ils dangereux… mais pour qui ? Quels critères sont appliqués dans le cadre du pouvoir discrétionnaire préfectoral ? leur absence confinerait àl’arbitraire…

Nous savons que si les Préfectures prennent de telles décisions, autant inhumaines qu’inutiles, elles y sont activement incitées par les plus hautes instances du pouvoir « faire du chiffre dans le cadre des objectifs fixés ».

Nous pensons aujourd’hui que cette politique haineuse n’a plus de sens électoral, qu’elle tourne le dos aux intérêts économiques, que le patronat lui-même dit être àla recherche d’une main d’oeuvre qualifiée… Nous ne pouvons nous résoudre àpenser que seules la discrimination et la xénophobie guident nos actuels dirigeants… Et pourtant…

Nous aussi exprimons dans ce courrier plusieurs objectifs :
- Les valeurs qui fondent la République de Liberté, d’Egalité et de Fraternité doivent être respectées par ceux qui en ont la charge… Les engagements internationaux de la France en matière de « droits de l’enfant  » et de « droits de l’Homme  » doivent être tenus et appliqués.
- les personnes, étrangères ou non, notamment dans leurs efforts d’insertion sociale, dans leur droit àvivre dignement de leur travail, sont également respectables
- Les jeunes en particulier, adolescents et jeunes majeurs, au-delàde l’obligation de protection àlaquelle la France s’est engagée, constituent une véritable richesse pour peu que nous sachions leur faire une place dans la construction d’un avenir commun et solidaire.
- A l’heure de la mondialisation, de l’internationalisation de toutes les relations humaines, le rejet et la peur de l’autre appartiennent aux siècles passés tachés du colonialisme. Nous voulons que cesse racisme et xénophobie, que cesse l’instrumentalisation de « l’étranger responsable des maux de la société  »â€¦
-  Plus simplement, plus immédiatement nous avons pour objectif que les jeunes menacés d’expulsion ici et ailleurs soient régularisés, que les OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) prises àleur encontre soient levées et qu’on les laisse poursuivre leur formation professionnelle tranquillement.

Nous demandons donc, avec insistance, aux autorités compétentes de prendre toutes dispositions administratives rapidement dans ce sens (l’OQTF étant exécutoire sous trente jours). A défaut, nous manifesterons notre solidarité àces jeunes et leur assurerons notre soutien notamment en aidant àleur défense juridique, en dénonçant publiquement l’acharnement administratif dont ils sont victimes, en appelant àélargir le cercle des protestataires… Espérant que nous serons entendus et que le bon sens triomphera un jour ou l’autre.

Le 06/08/07


Vous trouverez en Pièce jointe la lettre àdiffuser largement auprès de vos réseaux et àenvoyer àla préfecture.

Monsieur le Préfet – Cabinet du Préfet – Préfecture de l’Ariège – BP 87 – 09007 FOIX Cédex


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